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montage Alexia

Avec 17 ans d’expérience au Port de Montréal en tant qu’opératrice de locomotives, Hélène travaille pour bâtir et trier les trains à destination des réseaux du CN et du CP, ainsi que s’assurer qu’ils circulent en toute sécurité sur le Port. Qu’elle soit dans la locomotive ou au sol sur le terminal, ses tâches consistent à conduire les locomotives, mais aussi connecter les différents wagons et gérer les aiguillages pour diriger les trains.

Comment avez-vous choisi ce métier ?

J’ai commencé ma carrière dans la construction aérospatiale, mais j’ai vite compris que le travail d’usine n’était pas pour moi. C’était trop routinier et je me sentais enfermée. Je ne savais pas exactement ce que je voulais faire, mais je cherchais un métier qui me permettait d’être active et de travailler à l’extérieur. Je suis quelqu’un de très manuel et j’aime ce qui est concret. Et je n’ai aucun problème à m’adapter à un milieu principalement masculin ! Je me suis inscrite à un cours de cheffe de train et j’ai fait mon chemin naturellement.

Quels sont les défis à surmonter en tant que femme dans un milieu à prédominance masculine ?

Il y a une certaine forme de pression, mais qui ne vient pas nécessairement des autres. J’ai toujours en tête que si je suis payée le même salaire qu’un collègue masculin, je suis là pour faire le même travail que lui, même si c’est exigeant. Pour moi c’est important : à salaire égal, compétences égales. Si une femme est engagée dans une compagnie pour répondre à des quotas alors qu’elle n’a pas les capacités physiques, c’est plus frustrant qu’autre chose. Ça ne fait que nuire au chemin que j’essaie de débroussailler.

Avez-vous des conseils à donner à une femme qui voudrait faire ce métier ?

C’est important, surtout au début, d’établir les limites et de fermer certaines portes. Il faut être claire et ne pas laisser de place à l’ambiguïté, parce qu’on peut s’attendre à être taquinée un peu au début… Certains vont essayer de vous tester. Mais de mon côté, je me considère chanceuse et je me suis toujours sentie respectée. Et inversement, je respecte les autres !

Qu’est-ce qu’il faut pour faire ce métier ?

Il faut des capacités physiques et un caractère fort ! C’est un métier exigeant physiquement. Qu’il fasse 40 degrés ou moins 40, on est dehors sur le terminal avec notre équipement. Certains aiguillages peuvent aussi être difficiles à manœuvrer avec les changements de température. Mais s’ils sont raides, ça n’a rien avoir avec le fait que je suis une femme. Ils sont raides aussi pour mes collègues masculins ! De mon côté, je veux pouvoir continuer à exercer ce métier et rester à l’extérieur sur les terminaux. Alors c’est important pour moi de garder la santé et la forme !